Auteur : David Anthony Durham
Références bibliographiques : ( lien )
Interview de l'auteur : ( lien )
Dans un monde pas si différent du nôtre, un roi tente de donner la meilleure éducation possible à ses enfants. Il a perdu sa femme suite à une maladie quelques années plus tôt. Il veut leur donner le meilleur, la chance de devenir ce qu'ils sont réellement.
Dans une contrée lointaine, dominée par le froid, le vent et la brutalité, un assassin se prépare. Lui et son peuple trouvent que le roi qui les domine est un despote, injuste et malfaisant. Que sa lignée se maintient au pouvoir par trahisons et bassesses. Donc ses frères et lui-même ont décider d'y mettre un terme. Et de diriger eux-mêmes le Monde Connu.
Aliver, Corinn, Mena et Dariel, enfants du roi, de 16 à 9 ans, suivent le cours de leur vie à la cour loin de ces préoccupations. Ils profitent pleinement de leur statut d'enfants privilégiés et s'amusent. Malgré les tourments de l'adolescence pour les aînés. Ils acceptent l'amour de leur père et se préparent à une vie heureuse et tranquille sur l'île d'Acacia. Vingt-deuxième génération régnante, il n'y a pas de raison que leur avenir soit perturbé. Et pourtant...
Lorsque l'assassin rencontre sa victime, cela se passe au cours d'un banquet en l'honneur d'une province voulant rejoindre le royaume. Les accusations de l'assassin ouvrent leur chemin dans les mentalités. Et s'il n'avait pas entièrement tort ? Cependant, ce meurtre n'est que le premier pas d'une offensive dûment planifiée. Les troupes descendent du Nord et se préparent à la bataille depuis longtemps.
Le roi, sur son lit de mort, presse son chancelier de mettre ses enfants à l'abri selon un plan conçu des années auparavant et qui devrait leur permettre de grandir en force et sagesse dans les meilleures conditions, loin de la cour. Le chancelier promet : il exécutera la dernière volonté de son roi et ami, il enverra les dauphins aux quatre coins du Monde Connu.
Heureusement, d'ailleurs. Car les Meins, ces envahisseurs venus du froid, et leurs alliés sèment terreur et destruction sur leur passage. Grâce à une maladie épidémique, ils anéantissent l'armée royale sans coup férir et se rendent maîtres de l'île d'abord et du reste du royaume ensuite. Ils reprennent les habitudes des dirigeants, installant de nouveaux maîtres à la place des anciens sans en changer la politique. Et le monde reprend sa course...
Neuf ans passent. Chaque prince et princesse a suivi la destinée que lui avait choisie son père. A part Corinn, faite prisonnière par un traître, elle vit à la cour d'Hanish, le nouveau roi Mein. Elle doit s'en accommoder et fait de la résistance passive, pleine d'injures et de mépris pour ces envahisseurs. Les autres ont trouvé chacun un foyer dans des provinces lointaines et ont échappé aux recherches des Meins. L'heure de leur retour est-elle venue ?
Dans un monde ni blanc ni noir, nous nous apercevons que les meilleures intentions n'apportent jamais les effets escomptés. La paix, la prospérité de la majorité entrainent des souffrances, l'esclavage et la soumission totale d'une minorité. Les Ligueurs (marchands maritimes) dictent leur loi au-delà des décisions royales. La Brume (drogue importée d'au-delà des frontières du Monde Connu) annihile toute volonté de rébellion et induit une grave dépendance. Quelle est la meilleure politique à tenir ? Peut-on sortir des ornières de l'habitude et annuler le Quota ? Les Meins démontrent que rien ne changent malgré leur ascension au pouvoir. La richesse (partielle) va dans d'autres mains mais pas plus nombreuses. Pour la grande majorité (à part les victimes de la guerre) rien n'a évolué.
Un livre qui souffle l'épique sur la vie de quatre jeunes au destin hors du commun. Généralement, je n'aime pas quand l'action saute d'un lieu à l'autre au gré des chapitres. Là, il n'y a pas de suspense induit par cette technique, alors je n'en voudrais pas trop à l'auteur. Les fils se tressent, la trame y gagne un peu en densité. Au total un livre prenant ! Laissez-vous tenter. La mode étant aux trilogies, deux autres tomes sont annoncés. Espérons qu'ils seront de la qualité de celui-là !