Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /2009 21:44

Auteur : Bernard Clavel

Références bibliographiques : ( lien )

En 1971 le Québec décide d'augmenter sa production énergétique et d'eau douce. Dans ce but, le gouvernement prévoit d'aménager la Baie James et les rivières environnantes. Les indiens qui peuples encore cette région de taïga et de toundra sont consultés. Enfin, ils sont consultés une fois que les travaux sont engagés et que le ministère des Affaires indiennes a été informé...

Ce roman s'intéresse particulièrement à la tribu des Wabamahigans. Cette tribu descend d'une chasseuse originaire (il y a de nombreux siècles) de la région du Baïkal. Cette chasseuse (Tiska) a rencontré, dans sa fuite devant d'autres tribus hostiles, un loup blanc qui l'a accompagnée dans son périple vers le nord, toujours plus loin des menaces. En hommage, la tribu porte le nom du loup blanc (littéralement). Seulement, il ne reste qu'un poignée de vrais hommes des bois : les vieux.

Même si la tribu compte 74 âmes, seuls les anciens perpétuent la tradition, respectent la nature et la connaissent. Et encore... Le village a été métamorphosé par les blancs : des maisons en préfabriqués s'alignent de part et d'autre d'une rue unique. Les blancs ont construit une église et une école. Mais le dieu des blancs est exclusif et voudrait chasser les divinités des indiens. Alors le courant ne passe pas trop bien entre eux.

Et même les anciens utilisent les motoneiges ainsi que le moteur pour les canoës. Alors... Alors le vieux chef prend conscience de son erreur : les indiens n'auraient jamais dû adopter les habitudes des blancs. Le monde est rond et le wigwam bien plus adapté à la rude vie du grand nord. Ils sont donc une poignée à renouer avec les traditions ancestrales. Vincent (9 ans), arrière-petit-fils du chef aimerait suivre cette voie aussi. Et quitter l'école et vivre avec les anciens.

D'un côté les pionniers blancs ont l'impression de gagner un combat contre l'adversité de la nature glaciale. De l'autre, les tribus indiennes et inuit se battent pour faire respecter leurs droits sur une terre dont on les a tant de fois spoliés. Le combat prend un tour personnel entre les anciens et les modernes dans le village des Wabamahigans. Nous en suivons les méandres à travers les yeux du vieux chef Mestakoshi plus divers témoignages de différentes époques.

Cela donne un éclairage édifiant sur les coutumes occidentales et le respect des cultures pré-existantes. Sur les bienfaits de la civilisation qui se transforme en colonisation... Quand le mieux est l'ennemi du bien. Preuve par le neuf... A lire !

Par Philippe Infarnet - Publié dans : Livres lus
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