Le livre des Baltimore
03 mai 2016
Auteur : Joël Dicker
Références bibliographiques : lien
Tout le monde reconnait Marcus Goldman comme étant "cet écrivain". Sa famille comporte une branche qui habite à Montclair (ses parents et lui-même) et une branche qui habite à Baltimore (son oncle Saul, sa tante Anita et ses cousins Hillel et Woody). Le livre retrace leurs aventures respectives communes et séparées au gré de la fantaisie narratrice de Marcus, des ses douleurs nostalgiques. Et bien sûr du Drame annoncé dès le prologue. Les épisodes passent de son enfance au présent en passant par d'autres événements marquants la famille Goldman (et surtout le gang composé des trois cousins et d'autres membres au gré des circonstances).
Saul est avocat et gagne très bien sa vie. Anita est médecin. Hillel est intelligent, Woody sportif. L'enfant Marcus est ravi de passer autant de moments possibles avec ses cousins à Baltimore, Miami ou aux Hamptons... Le gang des Goldman mène une existence trépidante entre le basket, le jardinage et le football américain. Vient compléter le trio des cousins Scott Neville atteint de mucoviscidose. Puis Alexandra Neville, soeur aînée de Scott. Puis Patrick Neville, père des deux précédents. Le tout étalé sur les années 1990-2000 entre l'école et l'université...
Le roman retrace les joies, les peines, les rivalités des trois adolescents. Ainsi que le contexte familial de chacun. En passant par les grands-parents, les amis, etc... La chronologie arbitraire induit un suspense artificiel qui m'a plutôt dérangé. Pour ceux qui ont lu "La vérité sur l'affaire Harry Québert" du même auteur, il s'agit bien du même Marcus Goldman dans ce nouvel opus. Mais les deux livres peuvent être lus totalement indépendamment l'un de l'autre. On vit les aspects d'une jeunesse plutôt protégée avec des rebondissements souvent inattendus. Le style est agréable et l'ambiance suit les états d'âme des protagonistes. Le point de vue de Marcus évolue avec son âge et au fil de ses découvertes sur les vérités familiales.
Nous constatons aussi, au gré des révélations faites à Marcus, que la vérité se cache souvent très loin des apparences. Et que les faits, selon un point de vue aussi partiel que partial, ne montrent des intentions des protagonistes que ce qu'en suppose l'observateur. C'est un témoignage bouleversant que les convictions nuisent gravement à ceux qui ne veulent pas les vérifier ni les confronter à la réalité. Ce phénomène est illustré de nombreuses fois dans ce roman et constitue un des ressorts majeurs des rebondissements.