Le journal d'un loser

Auteur : Jesse Andrews

Références bibliographiques : ( lien )

Gregory Gaines a passé toute sa scolarité à éviter de devenir pote avec qui que ce soit. Le résultat est qu'en terminale, il peut approcher tous les clans de son lycée sans être rejeté d'aucun. Cependant, il ne fait partie d'aucun non plus. Et c'est l'objectif que s'était fixé Greg afin de réduire les nuisances de ses congénères, leur fréquentation au strict minimum. L'exception notable en est Earl Jackson.
Et selon les propres mots de notre loser, Earl est un collègue plutôt qu'un pote. Avec sa famille cataclysmique (les Jackson six plus violents les uns que les autres), Earl est capable de mettre une tatane dans la bouche de quiconque malgré sa petite taille. Collègues parce que c'est avec Earl que Greg écrit, réalise, tourne et interprète leurs films. Dont le degré de regardabilité va de 'très nul' à 'plutôt cool' selon les opus. Mais les seuls spectateurs admis à contempler leurs chefs d'oeuvre sont les cinéastes eux-mêmes.
Cependant, ce fragile équilibre adolescent va se retrouver totalement chamboulé quand la mère de Gregory va le contraindre à remonter le moral de Rachel Kushner atteinte de leucémie. Là, Greg va devoir renouer avec ses talents de comiques, dépasser ses peurs de fréquenter qui que ce soit et peut-être découvrir un brin d'humanité en lui. Et sa vie secrète de cinéaste va devenir son drame... Sans compter Madison Hartner !

Raconté à la première personne par Gregory himself, cette autobiographie naissante est remplie d'auto-dérision, d'auto-critique mais néanmoins d'auto-apitoiement (qui s'ignore). En effet, il répète à l'envi que sa vie est nulle, son écriture mauvaise, et les faits relatés inintéressants. Est-ce pour en exorciser la médiocrité ? Pour renouer avec la possibilité d'un futur ?
Heureusement que le livre n'est pas si nul que ça, personne n'aurait pris le risque de l'éditer sinon. Et je ne serais pas en train de vous le proposer non plus. Bref, il nous offre un autre regard sur la maladie, les difficultés de devenir soi-même, les souffrances qu'apportent les regards et surtout les jugements (supposés) des autres. Et la quasi-impossibilité de les éviter.

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