Love on the beat
13 avr. 2008En ce beau mois de Juillet, Cathy est allongée au bord de la piscine. Le soleil darde ses rayons et la radio accentue la chaleur ambiante : un tube de Gainsbourg échauffe les pensées et les sens.
| D'abord je veux avec ma langue |
| Natale deviner tes pensées |
| Mais toi déjà déjà tu tangues |
| Aux flux et reflux des marées |
- Oh oui, pense Cathy, une langue douce et habile. C'est exactement ce qui me manque aujourd'hui.
A cette évocation, un réflexe de Pavlov laisse poindre une perle de rosée au bord de ses lèvres. Un doigt chevronné la cueille avant qu'elle ne se perde hors de portée.
| Je pense à toi en tant que cible |
| Ma belle enfant écartelée |
| Là j'ai touché le point sensible |
| Attends je vais m'y attarder |
- Oui !!! Un point précis, un rubis si souvent ignoré, délaissé ou même manqué par les chercheurs de trésors. Ce bijou est à manipuler avec délicatesse sous peine de disparition spontanée. Le pêcheur de rosée l'a trouvé du premier coup et lui prodigue ses attentions avant de poursuivre son chemin.
Au cours du périple, sa main s'égare dans la forêt. Encouragée par la chanson, elle se laisse aller à ses penchants.
| Il est temps de passer aux choses |
| Sérieuses ma poupée jolie |
| Tu as envie d'une overdose |
| De baise voilà je m'introduis |
- Hooo... gémit-elle en écho.
Le chemin étroit s'est encaissé. Le promeneur, bien qu'expert, se heurte aux paroi de la vallée. La rosée se condense en un ruisseau parfumé et l'explorateur disparaît dans un trou insoupçonnable.
| J'aime assez tes miaou miaou |
| Griffes dehors moi dents dedans |
| Ta nuque voir de ton joli cou |
| Comme un rubis perler le sang |
- Pourquoi crier ? Pas de témoin à encourager. Ce n'est pas cet amuse-gueule qui me mettra dans cet état-là. Même si je me sens chatte, j'ai besoin d'un étalon pour y arriver.
L'effronté parti en reconnaissance est rejoint par un frère d'armes. Ensemble, ils essaient de sortir du piège vorace. Tels Sisyphe, ils retombent inexorablement.
| Plus tu cries plus profond j'irai |
| Dans tes sables émouvants sables |
| Où m'enlisant je te dirai |
| Les mots les plus abominables |
- Oui ! je crie cette fois-ci !
Encore et encore, ils remontent la pente. Encore et encore, ils glissent et se cognent contre le fond. Quel exquis frottement !
| Brûlants sont tous tes orifices |
| Des trois que les dieux t'ont donnés |
| Je décide dans le moins lisse |
| D'achever de m'abandonner |
- Tu fais ce que tu veux, mon vieux. Moi, je préfère ce côté et j'y reste. Pourquoi s'attarder si ce n'est pas lisse ?
Le geste prolonge le verbe. Des secouristes s'engouffrent dans la grotte désormais béante et inondée. Ils se lancent à la rescousse de leurs semblables.
| Une décharge de six mille volts |
| Vient de gicler de mon pylône |
| Et nos reins alors se révoltent |
| D'un coup d'épilepsie synchrone |
- AAAHHHHHH !!!
Sortis juste à temps, les aventuriers assistent, impuissants, aux tremblements convulsifs qui ont failli les engloutir.
| Love on the beat |
| Love on the beat |
Il n'y a pas meilleurs que les hommes pour parler d'amour.
Mais il n'y a pas meilleures que les femmes pour le faire.
Paroles originales de Serge Gainsbourg