Auteur : Anna Gavalda

Références bibliographiques : ( lien )

Un architecte en prend plein la figure. De son métier, de sa famille, de sa mémoire, tout prend l'eau... Un chantier en Russie d'où tout disparaît : matériaux, ouvriers, etc... Une compagne qui s'éloigne petit à petit. Ses parents, ses soeurs égaux à eux-mêmes : des monstres d'égoïsme et de beaufitude, hormis Claire, sa cadette préférée. Et là, une lettre d'un ami avec lequel il est fâché depuis longtemps le cueille d'un crochet au foie : Anouk est morte.

Son seul rayon de soleil, c'est Mathilde la fille de Laurence (sa compagne). A 14 ans, elle a besoin de son aide pour faire ses exercices d'anglais, de physique ou de maths. Alors Charles (le héros ?) assure. Il a mis le pilote automatique depuis un temps immémorial. Il traverse la vie en fantôme, agissant en vertu de règles d'honneur, de générosité et de rectitude dont tous abusent. Et la vie, cette chienne, le lui rend en morsures.

Jusqu'au jour où... il décide d'aller casser la figure à son passé. Sous les traits d'Alexis (le fils d'Anouk), son presque-frère avec lequel il est en froid polaire. Etonnamment, c'est le début de la reconquête du gouvernail par le barreur inconséquent. Il reprend, pan par pan, le contrôle de sa vie. Et les résultats ne se font pas attendre. Sous un visage inattendu, certes, mais souriant.

Un pavé (plus de 600 pages) plutôt pénible à ingurgiter. Surtout le premier chapitre, particulièrement décousu et indigeste. C'est volontaire, évidemment, mais cela déconcerte. Les phrases, les paragraphes suivent les détours désordonnés des pensées du protagoniste. Le rythme saccadé, syncopé est oppressant. On ressent presque physiquement la détresse de cette âme en dérive. Pendant les 3 quarts du livres, il ne pleut que des emmerdes avec de trop rares embellies.

Il est assez difficile de s'attacher à un tel personnage, je trouve. Bien qu'il soit loyal, plein de qualités, il est trop veule pour ne serait-ce qu'esquiver les coups que la vie lui envoie. Alors, il les reçoit en pleine tronche... Je me suis forcé, accroché pour atteindre les pages 440 (et suivantes) où le soleil retrouve ses droits. Il est des personnages pittoresques, pleins de vie et d'envie. Mais ils ne tirent pas assez fort pour sortir Charles de son marasme. Pour le citer, des vies qui "ne s'intéressent qu'à leur feuille de paie et..." Je ne me souviens pas de l'autre source d'intérêt... Une maxime qui pourrait s'appliquer à un longue partie de cet ouvrage, malheureusement.

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