L'inconnue du 17 mars
12 août 2021Auteur : Didier van Cauwelaert
Références bibliographiques : lien
Quand la pandémie s'abat sur le monde et que les libertés se voient réduites au nom de l'urgence sanitaire, les SDF se retrouvent comme des privilégiés à bénéficier de leur cadre de vie habituel. Lucas Norden se fait cette remarque le 17 mars 2020 le jour où débute le premier confinement anti-COVID19 en France. Mais certains nuages menacent sa joie, des lieux de desserrement pourraient être prévus pour les individus de son espèce. lorsqu'une patrouille de contrôle commence à relever les températures dans sa rue, il s'enfuit à petites foulées. Avant de percuter... un grand tournant dans sa vie.
Il se réveille allongé sur la banquette arrière d'une jaguar 1961 dans son jus. Et au volant la femme qu'il n'a jamais cessé d'aimer. Elle le conduit sur les lieux de son enfance où ils pourront confiner ensemble. Cependant l'affaire est moins limpide qu'il ne le semble et la délicieuse apparition tient des propos peu vraisemblables. C'est l'occasion d'interroger le passé et de trouver des solutions à la situation actuelle.
Didier van Cauwelaert nous offre une fable remplie d'émotions, d'amour et de bon sens. Avec une approche volontairement incroyable qui nous permet de prendre de la distance avec des circonstances dont les origines nous échappent, il nous invite à apporter des remèdes urgents aux déséquilibres mondiaux et aux totalitarismes montants qui nous privent de plus en plus de nos libertés en prétendant défendre notre bien-être et notre sécurité. Avec des solutions loufoques (mais non absurdes) il attire notre attention sur tout ce que nous avons sacrifié en vue de sauvegarder notre confort. Avec son aisance coutumière il nous fait passer du rire aux larmes en tentant de réveiller notre conscience collective et de restaurer la solidarité dont l'humanité n'aurait jamais dû se départir.
L'égoïsme et les profits à court terme d'une minorité mettent depuis longtemps en danger la survie de l'espèce (voire de la planète) et loin de prôner le défaitisme dans un naufrage généralisé, il rend à chacun le pouvoir sur sa vie et la responsabilité de ce qui lui arrive en particulier. Mais à une plus grande échelle, notre conformisme et notre abandon à la facilité transforment notre confort en complaisance vis à vis des dégradations perpétrées à l'environnement que nous prétendons protéger. Pour moi, ce conte merveilleux devrait être mis entre toutes les mains et redonner un souffle nouveau à nos espoirs !
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