Les ballades d'Haldur et autres racontars
27 nov. 2008Auteur : Jorn Riel
Références bibliographiques : ( lien )
Là-bas, très loin au nord, sur la côte est du Groenland vivent quelques scientifiques et chasseurs. Ils se répartissent dans des cabanes ou des stations scientifiques. Ils y habitent à deux (rarement trois).
Le froid est intense, la vie est rude, rythmée par les saisons (jours et nuits, plutôt). Ces êtres ont des kilomètres carrés pour eux seuls, chacun a son territoire, ses habitudes et ses variantes de sale caractère. Car il faut un caractère bien trempé pour résister à ces conditions extrèmes.
Trempé contre le froid (moins quarante parfois). Trempé contre le vent, la glace, la neige, la solitude, les ours, les loups. Ceux qui résistent ont développé une solidarité. Chaque année voit se répéter un rituel plus ou moins rigoureux avec ses fêtes, ses rencontres. Le bateau qui vient régulièrement (une fois l'an) apporter des vivres, des marchandises impossibles à trouver sur la banquise et acheter les peaux aux trappeurs. Il débarque les nouvelles recrues, embarque ceux qui ne peuvent plus accepter ce quotidien si excessif.
Lors des fêtes, rencontres prévues ou imprévues ces vaillants solitaires endurcis racontent des histoires. Des anecdotes qui leur sont arrivées et partagent des antigels de leur cru (minimum 45°, estomacs fragiles s'abstenir). Chaque nouvel arrivant fait l'objet de la curiosité générale. Il doit faire ses preuves avant d'être accepté comme membre par la communauté. Mais il a le temps pour ça... La première nouvelle (ballade ? conte ?) montre l'impact de l'inconnu sur ces débrouillards aguerris : un musulman débarque ! Un Danois converti, certes, mais très pratiquant ! Il raconte ses quatre femmes et nombreux enfants autour du monde. Un chasseur se laisse tenter par l'idée. Mais le ramaddan que s'impose le Danois faillira lui être fatal sous cette lattitude où le jour dure six mois.
D'autres nouvelles racontent les productions poétiques, littéraires d'un de ces illuminés qui prend Haldur comme nom de plume. Une autre nouvelle démontre que ce n'est pas la taille qui fait la valeur, la bravoure d'un homme. Une autre encore illustre comment un 'savant' quasi-universel peut se comporter comme un parfait idiot. Etc, etc... Tous ces racontars, collectés au long de seize (ou dix-sept) années passées au Groenland ont un fond certainement véridique. Ils sont racontés sans se prendre au sérieux, dans un style agréable. Un voyage très dépaysant, rafraichissant, même !