Auteur : Amélie Nothomb

Références bibliographiques : ( lien )

J'ai voulu mesurer une nouvelle fois mes atomes crochus avec une oeuvre d'Amélie Nothomb. Je crois que cette expérience me permet de confirmer un diagnostic me concernant : j'ai beaucoup de mal avec ses récits de fiction (pure). Autant j'ai aimé "Stupeur et tremblements", "Ni d'Eve ni d'Adam" ou "Le sabotage amoureux" (tous autobiographiques), autant je reste sceptique devant des fictions comme "Journal d'hirondelle", "Le fait du prince" ou "Attentat" (fictions, j'espère).

Dire "Epiphane Otos est laid" est un euphémisme. Il revendique même n'avoir jamais rencontré personne plus laid que lui. Et il cite de nombreux détails anatomiques répugnants pour confirmer ses dire et nous le croyons sur parole. Ceci forme le premier chapitre. Si vous arrivez à surpasser votre répulsion, vous pourrez poursuivre votre lecture en tenant ce fait pour acquis et espérer oublier les horreurs évoquées dès notre rencontre avec ce personnage.

Parce que non content d'être laid, Epiphane est un esthète, poète et avide de beauté. Suite à une petite annonce, il postule pour un rôle de 'monstre' dans un film d'avant-garde. Là, il ne décroche pas la place mais rencontre un être sublime qui n'est pas repoussé par son aspect. Et il tombe amoureux. Se noue une relation d'amitié (non ambigüe, Epiphane ne se déclarant pas) qui les rend assez proches l'un de l'autre. Jusqu'au jour où Ethel tombe amoureuse à son tour. Mais pas de lui. C'est le début du drame...

Epiphane décide d'utiliser sa hideur pour gagner de l'argent. Il réussit (avec la participation d'Ethel) à être engagé comme contrepoint aux mannequins lors de défilés de mode. Et son succès est immédiat ! Les salons s'arrachent sa présence. Quand Ethel tombe amoureuse, Epiphane se noie dans le travail et part arbitrer un concours de beauté auquel il a été invité. Il profite de son éloignement (et de la non-liberté d'Ethel) pour lui déclarer sa flamme.

Je vous laisse imaginer la fin car nous sommes déjà presque au terme de l'intrigue... Jaime bien le principe d'écriture d'Amélie Nothomb : prendre une idée (absurde ?) et pousser ses conséquences jusqu'à l'extrême de leur logique. Cette expérience de pensée donne toujours des résultats aussi étonnants qu'intéressants. Cependant, les centres d'intérêt de cet auteur me paraissent plutôt morbides et récurrents. Il va se passer un long temps avant que je ne me laisse à nouveau tenter par une fiction de la sulfureuse Amélie.

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